Une commande qui change tout
La Maison Almara vient de signer. Avant de toucher au moindre poste, il faut d’abord apprendre à voir le flux — c’est tout l’objet de ce parcours.
La Maison Almara confie à la Manufacture Orélia la fabrication de sa nouvelle bague « Éclat » : or 750 ‰, pavage de diamants, 160 pièces par semaine dès le lancement. La ligne moyenne joaillerie produit déjà 320 pièces de la famille « Louna » chaque semaine… et elle tient tout juste. Votre mission : cartographier le flux, comprendre où il craque, et concevoir l’état futur qui absorbera la nouvelle demande — sans construire une deuxième ligne.
La manufacture
La Manufacture Orélia — haute façon joaillière depuis 1963 — société fictive d’étude — fabrique en moyenne joaillerie sur deux sites distants de 90 km, reliés par une navette sécurisée. Six postes se passent la pièce, de la coulée de l’or au poinçon final. C’est ce flux, et lui seul, que vous allez cartographier.
Fonderie cire perdue
Injection des cires, montage en grappe, cuisson du moule et coulée de l’or en fusion. La grappe impose la taille de lot : toutes les pièces d’un arbre sont coulées ensemble.
Vous y rencontrerez Nadia.Usinage CN
Tournage-fraisage de précision des corps de bague et composants. Chaque changement de référence exige un réglage complet et une première pièce bonne validée au binoculaire.
Vous y rencontrerez Marc.Bijouterie · assemblage
Assemblage et brasage des composants à la main. Premier poste après la navette inter-sites : les pièces arrivent du Val par transport sécurisé.
Vous y rencontrerez Léa.Sertissage
Pose des diamants grain par grain sous binoculaire. Le poste où la valeur de la pièce bondit — et où la moindre griffe repart en retouche.
Vous y rencontrerez Karim.Polissage
Émerisage puis polissage au disque pour le brillant final. Les tours de polissage tombent souvent en panne d’aspiration, et chaque disque usé se change.
Vous y rencontrerez Sofia.Contrôle & poinçon
Contrôle final au laboratoire, poinçon de garantie, mise en écrin et expédition vers la Maison Almara.
Vous y rencontrerez Hugo.VSM & MIFA : un même outil, deux écoles
L’outil interne s’appelle MIFA — Material and Information Flow Analysis. Matière et information, toujours sur la même feuille.
Mike Rother et John Shook popularisent l’outil en Occident sous le nom de Value Stream Mapping (Lean Enterprise Institute).
VSM et MIFA désignent la même carte. Certaines entreprises réservent « MIFA » à l’analyse détaillée menée au plus près du terrain.
L’outil que vous allez pratiquer est né dans les ateliers de Toyota, où il s’appelle MIFA— Material and Information Flow Analysis, parfois « Material & Information Flow Diagram ». Dès l’origine, la consigne est sans ambiguïté : on ne cartographie jamais le cheminement de la matière sans dessiner, au-dessus, les flux d’information qui le pilotent — car ce sont eux qui expliquent pourquoi les pièces attendent.
En 1998, Mike Rother et John Shook publient « Learning to See » au Lean Enterprise Institute et popularisent la démarche en Occident sous le nom de Value Stream Mapping. Les deux appellations désignent exactement la même carte. Certaines entreprises réservent aujourd’hui le terme « MIFA » à l’analyse détaillée menée au plus près du terrain, mais l’essence ne change pas : matière et information, toujours sur la même feuille.
Votre parcours
- Le briefVous êtes iciVous découvrez la manufacture, l’outil VSM/MIFA et la feuille de route du parcours.
- La commandeVous recevez la demande de la Maison Almara et calculez le takt time qu’elle impose.
- Le gembaVous arpentez les deux ateliers, chronomètre en main, pour collecter des données fiables.
- La carteVous construisez la carte de l’état actuel, élément par élément, jusqu’à la ligne de temps.
- Le simulateurVous manipulez les leviers du flux — lots, TRS, opérateurs, navette — et observez les KPIs réagir.
- L’état futurVous composez vos chantiers kaizen pour absorber la nouvelle demande sans deuxième ligne.
- La synthèseVous validez la méthode complète par un quiz et repartez avec les points clés de la démarche.
Objectifs pédagogiques
- Mener une étude VSM/MIFA de bout en bout, du choix de la famille de produits au plan d’action.
- Savoir collecter des données fiables sur le terrain : chronométrer, compter, croiser les sources.
- Lire une carte de flux : takt time, goulot, couvertures de stock, ratio de valeur ajoutée.
- Concevoir un état futur chiffré et défendable, avec ses chantiers kaizen priorisés.
Tout est prêt. La Maison Almara attend votre réponse.