À la fin de ce guide
- Comprendre ce que le vibecoding sait faire, et ce qu'il ne sait pas faire
- Installer et régler Claude Code de zéro, même sans expérience technique
- Lancer votre première session avec un prompt d'amorçage éprouvé
- Obtenir un résultat présentable, pas une maquette qui pique les yeux
- Maîtriser la facture et savoir où passe votre consommation
- Savoir quelles données ne doivent jamais entrer dans ce type de projet
- Préparer une passation propre à un développeur le jour où le projet grandit
Ce qu’il vous faut
- Un ordinateur Windows, macOS ou Linux
- Un abonnement Claude payant (Pro suffit pour démarrer)
- Sur Windows : Git installé — on voit comment plus bas
- Environ 40 minutes devant vous pour la première session
- Aucune connaissance en programmation
Depuis deux ans, une promesse revient partout : « décrivez votre idée à une IA, elle code l'application ». Le mot qui va avec, c'est vibecoding — coder en discutant, en français, sans écrire une ligne de code soi-même.
Disons-le tout de suite : cela ne remplacera pas votre éditeur de logiciel, et cela ne vous rendra pas riche. Les vidéos qui promettent « une app à 10 000 € par mois en un week-end » vendent du rêve. En revanche, pour deux usages très précis — la maquette qu'on montre au lieu de l'expliquer, et le petit outil interne qui remplace un fichier Excel bricolé — c'est devenu redoutablement efficace.
Ce guide est le mode d'emploi que j'aurais aimé avoir. Il est écrit pour quelqu'un qui n'a jamais codé. Vous y trouverez l'installation écran par écran, le prompt d'amorçage que j'utilise réellement, ce que ça coûte, ce qu'il ne faut surtout pas y mettre, et à quel moment il faut passer la main à un vrai développeur.
Sommaire du guide (13 sections)
- 01Le vibecoding, c'est quoi exactement
- 02Les deux seuls usages qui valent vraiment le coup
- 03Ce qu'il vous faut avant de commencer
- 04Installer et régler Claude Code, écran par écran
- 05Le méga-prompt d'amorçage à copier
- 06Votre première session, minute par minute
- 07Les sept réflexes qui changent tout
- 08Données et sécurité : les règles non négociables
- 09Ce que ça coûte vraiment
- 10Quand ne PAS utiliser Claude Code
- 11Passer la main à un développeur
- 12Huit prompts prêts à l'emploi
- 13Par où commencer cette semaine
01
Le vibecoding, c'est quoi exactement
Et surtout : ce que ce n'est pas.
Le vibecoding, c'est construire un logiciel en le décrivant en français à une IA, qui écrit et exécute le code à votre place. Vous ne lisez pas le code. Vous ne le comprenez pas. Vous regardez le résultat, vous dites ce qui ne va pas, et vous recommencez jusqu'à ce que ça marche.
Le terme a été popularisé par Andrej Karpathy début 2025, dans un sens assez littéral : on se laisse porter par l'ambiance, on accepte le code sans le relire, on itère au clavier. C'est une méthode de prototypage, pas une méthode de production.
La confusion vient de là. Beaucoup de gens entendent « je peux créer un logiciel » et comprennent « je peux créer une entreprise de logiciel ». Ce sont deux choses très différentes. Écrire le code n'a jamais été la partie difficile : la partie difficile, c'est la sécurité, la fiabilité quand mille personnes s'en servent en même temps, la conformité, la maintenance sur cinq ans, et le service client à 2 h du matin.
Pourquoi Claude Code plutôt qu'un autre outil ? Parce qu'il travaille directement dans un dossier de votre ordinateur, comme le ferait un développeur : il crée les fichiers, les modifie, lance l'application, lit les messages d'erreur et se corrige tout seul. Les générateurs de sites qui produisent un joli écran mais rien derrière plafonnent très vite. Ici, vous avez un vrai projet, que vous pourrez confier à quelqu'un plus tard.
02
Les deux seuls usages qui valent vraiment le coup
Tout le reste, c'est de la productivité de façade.
Après une bonne centaine de projets construits de cette façon, j'ai arrêté de chercher : deux cas d'usage donnent des résultats systématiquement bons, et les autres finissent au fond d'un dossier.
- 1
La maquette qu'on montre au lieu de l'expliquer
Vous avez une idée d'écran, de parcours, de tableau de bord. Plutôt que d'écrire trois pages de cahier des charges que personne ne lira pareil, vous produisez en une heure une maquette cliquable. Vous la mettez sous le nez de votre équipe, de votre prestataire ou de votre direction. Le débat change de nature : on ne discute plus d'une intention, on discute d'un objet. Sur les projets où je fais ça, la phase de cadrage est divisée par deux.
- 2
Le petit outil interne qui remplace un fichier Excel bricolé
Le relevé de tournée saisi trois fois, le suivi de non-conformités dans un classeur partagé que quatre personnes écrasent, le calcul de prix de revient dans un onglet que seul Michel comprend. Ces outils n'ont pas de marché, personne ne les vendra jamais — c'est justement pour ça qu'aucun éditeur ne les fera. Ils sont parfaits pour le vibecoding : peu d'utilisateurs, périmètre clair, gain immédiat.
À l'inverse, si votre idée est « une application de réservation pour tous les coiffeurs de France », ce n'est pas du vibecoding qu'il vous faut, c'est une équipe et un financement. Le prototype vous servira à convaincre — il ne servira pas de produit.
03
Ce qu'il vous faut avant de commencer
Réunissez ces quatre éléments avant d'ouvrir quoi que ce soit : la première session se passe beaucoup mieux quand on ne s'interrompt pas au milieu pour installer un outil manquant.
- 1
Un abonnement Claude payant
L'onglet Code de l'application Claude demande une formule payante. Le forfait Pro (17 $ par mois en annuel, 20 $ en mensuel, hors taxes) suffit très largement pour découvrir et pour construire de petits outils. Les forfaits Max, à partir de 100 $ par mois, ne se justifient que si vous y passez plusieurs heures par jour.
- 2
Git, si vous êtes sur Windows
C'est le seul prérequis technique, et il est indolore : les sessions locales ne fonctionnent pas sous Windows sans Git. Téléchargez-le sur git-scm.com, lancez l'installateur, cliquez « Suivant » jusqu'au bout sans rien changer. Sur Mac, il est déjà présent dans la quasi-totalité des cas.
- 3
Un dossier vide, rien que pour ça
Créez un dossier neuf, par exemple « Mes outils » dans vos Documents, avec un sous-dossier par projet. Claude ne verra que le dossier que vous lui désignez. Ne le pointez jamais vers votre bureau, vos Documents entiers ou un lecteur réseau d'entreprise : vous lui donneriez accès à tout.
- 4
Une idée assez petite pour tenir en une phrase
« Un formulaire de relevé de température avec un historique et un export Excel. » Voilà le bon calibre pour un premier projet. Si votre phrase contient « et aussi », coupez-la en deux et gardez la première moitié.
04
Installer et régler Claude Code, écran par écran
Comptez dix minutes, une seule fois.
Claude Code existe sous plusieurs formes : en ligne de commande dans un terminal, dans un éditeur de code, sur le web, et dans l'application de bureau Claude. C'est cette dernière que je recommande sans hésiter à quelqu'un qui débute : tout est graphique, il n'y a pas de terminal à apprivoiser, et vous voyez les modifications de fichiers dans une vue comparative avant de les accepter.
- 1
Téléchargez l'application Claude
Rendez-vous sur claude.com/download et prenez la version qui correspond à votre machine : Windows, macOS, ou Linux en bêta. Installez, lancez, connectez-vous avec votre compte. Vous n'avez rien d'autre à installer : ni Node.js, ni la ligne de commande.
- 2
Ouvrez l'onglet Code
L'application a trois onglets : Chat (la conversation classique, sans accès à vos fichiers), Cowork (un agent autonome qui travaille en arrière-plan sur des documents) et Code. C'est Code qu'il vous faut. Si l'application vous propose de passer à une formule supérieure à ce moment-là, c'est que votre compte est encore en gratuit.
- 3
Choisissez « Local » et sélectionnez votre dossier
Claude vous demande où travailler. Choisissez Local pour qu'il travaille sur votre machine, dans vos fichiers, puis cliquez sur « Sélectionner un dossier » et désignez le dossier vide créé plus tôt. Les options Cloud, SSH et WSL existent aussi, mais elles ne vous serviront pas au début.
- 4
Choisissez votre modèle
Le sélecteur se trouve à côté du bouton d'envoi. Opus est le plus capable et le plus gourmand ; Sonnet offre le meilleur rapport qualité/consommation au quotidien. Mon réglage : Sonnet par défaut, et je bascule sur Opus quand je bloque ou quand j'attaque une grosse étape. Vous pouvez changer à tout moment en cours de session.
- 5
Réglez le mode d'autorisation
C'est le réglage qui change le plus votre confort. Par défaut, l'onglet Code démarre en mode Manuel : Claude propose chaque modification et attend votre validation. C'est rassurant, mais sur un projet neuf, cela veut dire cliquer « Accepter » trente fois par heure. Passez en « Accepter les modifications » dès que vous avez compris ce qui se passe, et gardez le mode Plan pour les grosses étapes.
- 6
Vérifiez que ça répond
Tapez « Résume-moi ce que contient ce dossier » et envoyez. Sur un dossier vide, Claude doit vous répondre qu'il est vide et vous proposer de démarrer. Si vous obtenez ça, vous êtes prêt.

- 1Le gros bouton propose directement la version correspondant à votre machine
- 2Plus bas, la liste complète : macOS, Windows, Windows ARM, Linux
- 3L'application mobile ne donne pas accès à Claude Code : il vous faut la version bureau

- 1En haut de la barre : l'environnement et le projet. La version web travaille sur un dépôt de code ; l'application de bureau propose à la place « Sélectionner un dossier », qui ouvre l'explorateur de fichiers de votre ordinateur
- 2Au centre : la zone où vous écrivez, en français, ce que vous voulez
- 3En bas à gauche : le mode d'autorisation en cours
- 4En bas à droite : le modèle et son niveau de réflexion

- 1Manuel : Claude demande avant chaque modification de fichier ou commande. C’est le mode par défaut de l’application de bureau
- 2Accepter les modifications : les modifications de fichiers passent toutes seules, vous gardez la main sur le reste
- 3Plan : Claude réfléchit et vous présente sa démarche sans rien modifier. Idéal avant une grosse étape
- 4Auto : Claude décide lui-même quand demander. Pratique une fois en confiance, à éviter le premier jour

- 1Opus : le plus capable, à réserver aux passages difficiles
- 2Sonnet : le meilleur compromis pour 90 % du travail
- 3Haiku : rapide et économique, pour les tâches simples et répétitives
- 4Fable : le modèle le plus récent de la liste — à essayer quand les autres bloquent
- 5À droite du modèle, le niveau de réflexion : plus il est élevé, plus Claude prend le temps — et plus il consomme
05
Le méga-prompt d'amorçage à copier
Le seul texte de ce guide que vous devez vraiment copier.
Une session de vibecoding réussie se joue dans les trois premières minutes. Si vous démarrez par « fais-moi une application de suivi de production », vous obtiendrez quelque chose de générique que vous passerez deux heures à corriger. Si vous démarrez en fixant le rôle, la méthode et les contraintes, Claude vous interroge d'abord et construit ensuite dans le bon sens.
Voici le prompt que je colle en tout premier message, systématiquement. Remplacez uniquement la dernière ligne.
Tu es mon directeur technique. Je suis le dirigeant : je connais parfaitement mon métier, je ne connais rien au code, et je ne veux pas apprendre.
Règles de travail, à respecter pendant toute la session :
1. Parle-moi uniquement en français courant. Jamais de jargon technique sans une phrase d'explication simple juste après.
2. Ne me demande jamais de choisir entre deux options techniques. Choisis toi-même la plus simple et la plus robuste, dis-moi en une phrase pourquoi, et continue.
3. Ne me montre pas de code. Montre-moi le résultat.
4. Avance par étapes courtes. À la fin de chaque étape, dis-moi précisément quoi regarder pour vérifier que ça marche.
5. Si quelque chose ne marche pas, corrige-le toi-même avant de me le signaler. Ne me renvoie pas un message d'erreur brut.
Déroulé attendu :
- Étape 1 : pose-moi entre 5 et 8 questions, une par une, pour comprendre à quoi doit servir l'outil, qui va s'en servir et dans quelles conditions. Attends ma réponse avant la question suivante.
- Étape 2 : résume-moi en dix lignes maximum ce que tu as compris et ce que tu vas construire en premier. Demande-moi de valider.
- Étape 3 : construis la première version, la plus simple possible, et fais-la tourner sur ma machine pour que je puisse la voir dans mon navigateur.
- Étape 4 : on améliore ensemble, morceau par morceau.
Contraintes techniques imposées :
- Utilise des technologies standards et très répandues, pas de choix exotique.
- Le projet doit pouvoir être repris plus tard par un développeur professionnel.
- Crée dès le départ un fichier CLAUDE.md qui décrit le projet, et tiens-le à jour.
- Aucune donnée réelle d'entreprise ou de personne dans le projet : uniquement des exemples fictifs tant que je ne dis pas le contraire.
Voici ce que je veux construire : [DÉCRIVEZ VOTRE IDÉE EN UNE OU DEUX PHRASES]Remplacez la dernière ligne par votre idée, et rien d'autre. Le reste fonctionne tel quel pour n'importe quel projet.
Trois choses font le travail dans ce prompt, et elles méritent d'être comprises plutôt que recopiées bêtement.
L'inversion des rôles. En vous posant comme dirigeant et Claude comme directeur technique, vous lui interdisez de vous renvoyer les décisions. Sans cela, il vous demandera « préférez-vous PostgreSQL ou SQLite ? » et vous serez bloqué.
L'interrogatoire préalable. Les cinq à huit questions valent tout le cahier des charges que vous n'écrirez pas. C'est là que sortent les contraintes que vous aviez oubliées : « ça doit marcher sur la tablette de l'atelier, sans réseau ».
La demande de fichier CLAUDE.md. C'est un simple fichier texte à la racine du projet, que Claude relit à chaque nouvelle session. Sans lui, chaque redémarrage repart de zéro et vous réexpliquez tout. Avec lui, vous reprenez où vous en étiez, même trois semaines plus tard.
06
Votre première session, minute par minute
Ce qui va réellement se passer, pour ne pas être surpris.
- 1
Minutes 0 à 5 — l'interrogatoire
Claude vous pose ses questions une par une. Répondez court et concret. « Qui va s'en servir ? » → « Trois chefs d'équipe, sur tablette, en atelier. » Ne cherchez pas à anticiper tous les cas : vous ajouterez plus tard.
- 2
Minutes 5 à 8 — le résumé à valider
Il vous rend dix lignes de synthèse. Lisez-les vraiment. C'est le seul moment où corriger une incompréhension coûte trente secondes plutôt qu'une heure. Si quelque chose vous gêne, dites-le maintenant.
- 3
Minutes 8 à 25 — il construit
Une pluie de lignes défile : création de fichiers, installation de composants, lancement de commandes. Vous n'avez rien à comprendre. Laissez-le finir. S'il rencontre une erreur, il la lit et se corrige — c'est normal, et c'est même son mode de fonctionnement habituel.
- 4
Minute 25 — vous voyez quelque chose
Claude lance l'application et vous donne une adresse à ouvrir dans votre navigateur, du type localhost suivi d'un numéro. Dans l'application de bureau, l'aperçu s'ouvre même directement dans un volet à côté de la conversation. C'est votre outil, il tourne sur votre machine.
- 5
Minutes 25 à 40 — les allers-retours
C'est là que le vibecoding prend tout son sens. « Le bouton d'enregistrement est trop petit sur tablette. » « Ajoute une colonne date. » « Quand je valide, affiche une confirmation verte. » Une demande à la fois, en français, et vous rafraîchissez la page à chaque fois.
07
Les sept réflexes qui changent tout
La différence entre un résultat correct et un résultat qu'on ose montrer.
Le premier écran produit par une IA est presque toujours fade : polices par défaut, couleurs violettes, dégradés partout. Ce n'est pas une fatalité, c'est un manque d'instructions. Voici ce qui fait la différence.
- 1
Partez d'une référence visuelle
Ne dites jamais « fais quelque chose de joli » : cette phrase ne veut rien dire pour une IA. Montrez. Une capture d'un outil que vous aimez, une page de votre propre site, votre charte graphique en PDF. Précisez ensuite les trois éléments qui comptent : la couleur principale, la police, et le niveau d'arrondi.
- 2
Imposez une bibliothèque de composants
Ajoutez à votre demande : « utilise les composants shadcn/ui ». Ce sont des briques d'interface prêtes à l'emploi et sobres — boutons, menus, formulaires, tableaux. Le gain visuel est immédiat et vous évitez que chaque écran soit dessiné différemment.
- 3
Une session = une tâche
Ne faites pas tout dans une conversation qui n'en finit pas. Une session pour le formulaire, une autre pour le tableau de bord, une autre pour l'export. Les sessions courtes coûtent moins cher, se trompent moins, et vous pouvez en mener plusieurs en parallèle depuis la barre latérale.
- 4
Demandez le plan avant les gros changements
Avant toute étape importante — ajouter une connexion utilisateur, changer la structure des données — passez en mode Plan et écrivez : « Explique-moi ce que tu comptes faire et ce que ça change, sans rien modifier. » Vous validez, puis vous laissez faire.
- 5
Faites des points de sauvegarde
Quand une version vous convient, écrivez simplement : « Enregistre une sauvegarde de l'état actuel avec un message clair. » Claude s'occupe de Git tout seul. Le jour où une modification casse tout, « reviens à la dernière sauvegarde qui fonctionnait » vous sauve la soirée.
- 6
Faites-le tester par quelqu'un d'autre
Vous savez comment votre outil est censé s'utiliser, donc vous ne trouverez pas les problèmes. Mettez-le entre les mains de la personne qui s'en servira vraiment, regardez-la faire sans rien dire, et notez chaque hésitation. Ces hésitations sont votre liste de corrections.
- 7
Sachez dire non à votre propre enthousiasme
Le piège classique : l'outil marche, alors on ajoute une fonction, puis une autre, puis une notification par mail. À chaque ajout, tout devient plus fragile. Un outil qui fait bien une chose vaut mieux qu'un outil qui en fait cinq à moitié.
08
Données et sécurité : les règles non négociables
La partie que personne ne met dans les tutoriels, et qui pose le plus de problèmes.
C'est le sujet qui me fait le plus intervenir en entreprise, souvent après coup. Un outil bricolé le week-end se retrouve en production le mois suivant, avec des données clients dedans, sans que personne n'ait posé la question. Quelques règles suffisent à éviter l'essentiel.
À vérifier avant de démarrer, puis avant de partager
- Aucune donnée personnelle réelle dans le projet tant qu'il est au stade prototype : ni noms de salariés, ni fichiers clients, ni données de santé. Travaillez avec des exemples fictifs — Claude vous en génère à la demande.
- Le dossier de travail ne contient rien d'autre que le projet. Pas de sous-dossier « Compta », pas de sauvegarde de messagerie, pas de fichier RH oublié.
- Aucun mot de passe ni clé d'accès écrit directement dans le projet. Demandez explicitement : « mets les secrets dans un fichier .env et ajoute-le au .gitignore ».
- Si vous publiez l'outil en ligne, vérifiez qui peut y accéder. Une adresse compliquée n'est pas une protection : demandez une vraie page de connexion.
- Si l'outil traite des données personnelles au sens du RGPD, il vous faut une base légale, une durée de conservation et une entrée au registre des traitements. Ce n'est pas Claude qui le fera pour vous.
- Avant de montrer votre écran ou de publier une capture, vérifiez qu'aucun nom de client réel ne traîne dessus.
09
Ce que ça coûte vraiment
Le prix affiché n'est pas le sujet. Le sujet, c'est la vitesse à laquelle vous consommez votre quota — car Claude Code consomme bien plus vite qu'une conversation classique. À chaque échange, il relit des fichiers, exécute des commandes, lit les résultats : le contexte grossit, et il est renvoyé à chaque tour.
| Formule | Prix indicatif | Pour qui |
|---|---|---|
| Free | Gratuit | Découverte de Claude, mais l'onglet Code demande une formule payante |
| Pro | 17 $/mois en annuel, 20 $/mois en mensuel | Quelques heures par semaine. Le bon point de départ |
| Max 5× | À partir de 100 $/mois | Usage quotidien intensif, plusieurs sessions en parallèle |
| Max 20× | Au-delà | Usage professionnel à temps plein |
Cinq habitudes réduisent nettement la consommation, sans rien changer au résultat :
- Une session par tâche. Une conversation qui dure trois heures traîne tout son historique à chaque message. Ouvrez-en une nouvelle dès que vous changez de sujet.
- Sonnet par défaut. Gardez Opus pour les passages où vous bloquez vraiment. Le gain de qualité ne se voit pas sur les tâches courantes.
- Désignez, ne collez pas. Plutôt que de coller le contenu d'un fichier, écrivez son nom précédé de
@. Claude ira le lire lui-même, et seulement s'il en a besoin. - Un plan avant les grosses étapes. Cinq minutes de plan valident la direction et évitent une heure de travail à jeter.
- Surveillez votre consommation. Tapez
/usagedans la conversation, ou ouvrez Réglages → Utilisation. Deux minutes par semaine suffisent à ne jamais avoir de surprise.

- 1Session actuelle : votre consommation sur la fenêtre en cours, avec l'heure de remise à zéro
- 2Limites hebdomadaires : la vraie contrainte quand on travaille plusieurs jours d'affilée
- 3Une jauge par famille de modèles : c'est là qu'on voit le coût réel d'un usage systématique du modèle le plus puissant
10
Quand ne PAS utiliser Claude Code
La compétence la plus rentable de toutes.
La règle d'or tient en une phrase : ne mettez jamais plus de temps à construire l'outil qu'à faire la tâche à la main. Beaucoup de gens passent une journée à automatiser quelque chose qui leur prenait dix minutes par mois. C'est de la productivité de façade : on a l'impression d'avancer, on a surtout perdu une journée.
| Votre besoin | L'outil adapté |
|---|---|
| Un calculateur, un simulateur, un petit visuel interactif à usage unique | Un artefact dans la conversation Claude classique — instantané, rien à installer |
| Produire un document, une présentation, un tableur | L'onglet Cowork, ou tout simplement Claude en conversation |
| Une image, un schéma, une illustration | Un outil de génération d'images |
| Nettoyer ou croiser des données une seule fois | Une conversation Claude avec votre fichier en pièce jointe |
| Un logiciel destiné à des clients, avec des paiements ou des données sensibles | Un développeur professionnel, dès le départ |
| Un besoin déjà couvert par un logiciel du marché à 30 € par mois | Le logiciel du marché. Vraiment. |
Le dernier cas mérite qu'on s'y arrête. La tentation de tout reconstruire soi-même parce que c'est devenu possible est réelle. Mais un logiciel du marché apporte aussi les mises à jour, la conformité, le support et la reprise de vos données le jour où vous partez. Reconstruisez uniquement ce qui est spécifique à votre métier — c'est justement là que rien n'existe.
11
Passer la main à un développeur
Trois signaux indiquent qu'il est temps : votre outil dépasse la dizaine d'utilisateurs réguliers, il contient des données réelles de clients ou de salariés, ou une interruption vous poserait un vrai problème d'exploitation. À partir de là, le prototype doit devenir un logiciel.
La bonne nouvelle : contrairement à un générateur de sites fermé, vous partez avec un vrai projet, dans un vrai dossier, avec son historique. Un développeur peut le reprendre. Encore faut-il lui donner de quoi comprendre en une heure ce que vous avez fait en trois semaines.
Je vais confier ce projet à un développeur professionnel qui ne le connaît pas du tout.
Crée un fichier HANDOFF.md à la racine, écrit pour lui, qui contient :
1. À quoi sert cet outil, qui l'utilise et dans quel contexte, en langage métier.
2. Les technologies utilisées et pourquoi elles ont été choisies.
3. Comment installer et lancer le projet sur une machine neuve, étape par étape.
4. Où sont stockées les données, sous quelle forme, et comment on les sauvegarde.
5. Comment fonctionne l'authentification, s'il y en a une.
6. La liste honnête de ce qui est fragile, bâclé ou provisoire — sois franc, c'est le point le plus utile du document.
7. Ce qu'il faudrait reprendre en priorité avant une mise en production réelle, classé par ordre d'importance.
8. Ce qui a été volontairement laissé de côté, et pourquoi.
Précise clairement en introduction que ce projet est un prototype construit sans expertise technique, et qu'il doit être audité avant tout usage en production.À lancer dans une session dédiée, une fois le projet stabilisé. Le point 6 est celui qui fait gagner le plus de temps au développeur — et donc qui vous coûte le moins cher.
Transmettez ensuite le dossier complet, le fichier HANDOFF.md, le CLAUDE.md, et surtout : dites la vérité sur la façon dont il a été construit. Un développeur qui sait qu'il reprend un prototype de vibecoding sait exactement quoi regarder. Un développeur à qui on présente ça comme un logiciel professionnel perdra trois jours à comprendre pourquoi rien ne ressemble à ce qu'il attend.
Votre prototype mérite mieux qu'un fond de tiroir
Nous reprenons régulièrement des outils construits en vibecoding pour les fiabiliser, les sécuriser et les déployer vraiment dans l'entreprise. Montrez-nous ce que vous avez fait : le premier échange sert à vous dire honnêtement si ça vaut le coup de continuer.
Parler de votre outil12
Huit prompts prêts à l'emploi
À coller après le prompt d'amorçage.
Ces formulations donnent de bons résultats parce qu'elles précisent toutes la même chose : qui s'en sert, dans quelles conditions, et ce qu'on doit voir à l'écran. Adaptez les mots entre crochets.
Construis un formulaire de saisie utilisable sur tablette, en atelier, par des opérateurs qui portent des gants. Champs : [LISTE]. Gros boutons, peu de champs par écran, validation impossible tant qu'un champ obligatoire est vide. Chaque saisie s'enregistre avec la date, l'heure et le nom de l'opérateur choisi dans une liste.Je vais déposer un export [Excel / CSV] de [DÉCRIRE]. Construis un tableau de bord qui le lit et affiche : les trois indicateurs les plus parlants en haut, une évolution dans le temps, et un tableau filtrable en dessous. Si je dépose un nouvel export, tout doit se mettre à jour sans que j'aie à toucher au reste.Fais une maquette cliquable, sans base de données, avec des données fictives crédibles. Elle sert à présenter [IDÉE] à [PUBLIC] lors d'une réunion. Trois écrans maximum, on doit pouvoir naviguer entre eux. Priorité absolue à la clarté visuelle : c'est projeté sur un écran, à cinq mètres.Aujourd'hui, [NOMBRE] personnes remplissent le même fichier Excel et s'écrasent mutuellement. Construis l'équivalent en application, où chacun saisit de son côté sans conflit, avec l'historique de qui a modifié quoi. Garde exactement les mêmes colonnes qu'aujourd'hui pour ne pas perturber les habitudes.Construis un calculateur de [PRIX DE REVIENT / DEVIS / DIMENSIONNEMENT]. Les règles de calcul sont : [DÉCRIRE EN FRANÇAIS]. Je dois pouvoir modifier les paramètres depuis un écran de réglages, sans toucher au code. Le résultat s'affiche en direct et peut être exporté en PDF.Ajoute une page de connexion. Seules les personnes dont j'aurai autorisé l'adresse email peuvent entrer, et chacune ne voit que ses propres données. Explique-moi en français où sont stockés les comptes et comment j'ajoute ou retire quelqu'un.Je veux mettre cet outil en ligne pour que mon équipe y accède depuis n'importe où. Choisis toi-même l'hébergement le plus simple et le moins cher, mets-le en place, et donne-moi ensuite la marche à suivre en français pour publier une nouvelle version quand j'aurai fait des modifications.Relis le CLAUDE.md et fais le point : où en est ce projet, qu'est-ce qui fonctionne, qu'est-ce qui est en cours, et qu'est-ce qui reste à faire ? Réponds en français, en dix lignes maximum, sans me montrer de code.Le prompt le plus utile de la liste. À lancer en premier message chaque fois que vous reprenez un projet après plusieurs jours.
13
Par où commencer cette semaine
Ne cherchez pas l'idée parfaite. Cherchez l'agacement le plus proche. La question qui marche le mieux, je la pose à tous mes clients : « Quelle est la tâche que vous faites toutes les semaines, qui vous prend entre vingt minutes et deux heures, et que vous détestez ? » La réponse arrive en général en moins de dix secondes. C'est votre premier projet.
Votre plan pour les sept prochains jours
- Installez l'application Claude et, sous Windows, Git. Vingt minutes.
- Créez un dossier vide dédié à votre premier projet.
- Écrivez votre idée en une seule phrase. Si elle contient « et aussi », coupez.
- Collez le prompt d'amorçage et répondez honnêtement aux questions.
- Arrêtez-vous dès que vous avez quelque chose qui tourne, même très moche.
- Faites-le essayer à la personne concernée et notez ses hésitations.
- Reprenez une soirée plus tard pour corriger uniquement ces points-là.
Une dernière chose. Le vibecoding a une valeur qu'on sous-estime largement : il vous apprend à formuler un besoin. Après trois projets, vous saurez décrire ce que vous voulez avec une précision qui changera aussi vos échanges avec vos prestataires, vos éditeurs et vos équipes. Ce bénéfice-là dure bien plus longtemps que l'outil que vous aurez construit.
Envie d'aller plus vite, en équipe ?
Nous animons des sessions de prise en main du vibecoding pour les équipes de PME : une demi-journée, votre vrai sujet, et chacun repart avec son outil. Rien de théorique.
Découvrir le pôle DigitalQuestions fréquentes
Faut-il vraiment ne rien connaître au code pour se lancer ?
Non, mais ce n'est pas un handicap. Ce guide est écrit pour quelqu'un qui n'a jamais programmé. Ce qui compte, c'est de savoir décrire précisément un besoin métier — et ça, vous le faites mieux que n'importe quel développeur.
Est-ce que mes données partent chez Anthropic ?
Les fichiers du dossier de travail sont transmis quand la tâche l'exige : c'est le principe même de l'outil. D'où la règle du dossier dédié et vide au départ, et l'interdiction d'y mettre des données réelles au stade prototype. Pour un usage professionnel avec des données d'entreprise, regardez les formules Team et Enterprise et leurs engagements contractuels.
Le forfait Pro suffit-il vraiment ?
Oui pour découvrir et pour construire de petits outils, à condition de travailler proprement : une session par tâche, Sonnet par défaut, et un plan avant les grosses étapes. Vous saurez très vite si vous avez besoin de plus — l'écran Utilisation vous le dira avant votre carte bancaire.
Que se passe-t-il si Claude casse mon projet ?
Si vous avez pris l'habitude de demander des sauvegardes régulières, il suffit de dire « reviens à la dernière sauvegarde qui fonctionnait ». C'est la raison pour laquelle Git est un prérequis : il garde l'historique complet de chaque état du projet.
Puis-je vendre un logiciel construit comme ça ?
Techniquement, rien ne l'interdit. En pratique, c'est une très mauvaise idée sans audit préalable : dès qu'il y a des clients, des paiements ou des données personnelles, vous engagez votre responsabilité. Servez-vous du prototype pour valider votre marché, puis faites-le reprendre.
Combien de temps pour un premier outil utilisable ?
Comptez une soirée pour une première version qui tourne, et trois à six soirées réparties sur deux semaines pour quelque chose que vos collègues utilisent réellement au quotidien.
Quelle différence avec les outils no-code type Airtable ou Notion ?
Le no-code vous enferme dans ce que l'éditeur a prévu, mais il est fiable et maintenu. Le vibecoding n'a aucune limite de forme, mais tout repose sur vous. La bonne question n'est pas « lequel est le meilleur » : c'est « mon besoin rentre-t-il dans une case existante ? ». Si oui, prenez le no-code.
Et si je bloque complètement ?
Ouvrez une nouvelle session, décrivez la situation depuis le début et demandez deux approches différentes. Si ça résiste encore, c'est souvent que le besoin est plus complexe qu'il n'en avait l'air — et c'est une information utile, pas un échec.
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Rémi Doyen
Fondateur de Pilote Expertise — pôle Digital
Je conçois des outils sur mesure pour des PME industrielles et de services. Ce que je décris ici, je l'utilise tous les jours — y compris pour construire ce site.
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